Guerres napoléoniennes
Eylau
- Date
- 8 février 1807
- Lieu
- Eylau, Prusse-Orientale
- Belligérants
- Empire français vs Empire russe
Les 7 et 8 février 1807, dans la neige de Prusse-Orientale, la Grande Armée et l'armée russe de Bennigsen se livrent l'une des batailles les plus meurtrières de l'Empire. Au soir, Napoléon reste maître du terrain, mais sans la victoire décisive qu'il cherchait.

Contexte
Après avoir écrasé la Prusse à Iéna et Auerstaedt en octobre 1806, Napoléon poursuit la campagne en Pologne contre les Russes, alliés des débris de l'armée prussienne. En plein hiver, Bennigsen tente une offensive ; Napoléon cherche à le déborder et à le forcer au combat avant qu'il ne se retire vers Königsberg.
Les forces en présence
- Empire français : environ 45 000 hommes au début de l'action, avec Soult, Augereau, la cavalerie de Murat et la Garde, rejoints dans la journée par le corps de Davout puis, le soir, par celui de Ney.
- Empire russe : de l'ordre de 70 000 à 80 000 hommes sous Bennigsen, appuyés par une artillerie très nombreuse, et le corps prussien de Lestocq, près de 10 000 hommes, qui arrive en cours de journée.
Le champ de bataille
Le bourg d'Eylau et son cimetière, sur une légère hauteur, font face aux lignes russes établies sur les hauteurs à l'est. Le sol gelé, les étangs pris par la glace et surtout les bourrasques de neige vont peser sur toute la journée.
Déroulement
La veille
Le 7 février, les avant-gardes se disputent le bourg, qui change de mains jusqu'à la nuit tombée. Les deux armées bivouaquent dans le froid, au contact.
Le désastre d'Augereau
Au matin du 8, après un long duel d'artillerie, le corps d'Augereau s'avance pour soulager la droite française. Aveuglé par une tempête de neige, il dévie de sa route et tombe devant la grande batterie russe, qui le décime. La contre-attaque russe menace le cimetière et Napoléon lui-même.
La grande charge
Napoléon lance alors la réserve de cavalerie de Murat : plus de 10 000 cavaliers traversent les lignes russes, font demi-tour et les traversent de nouveau. Cette charge, l'une des plus grandes de l'histoire, rétablit la situation au centre.
Le débordement manqué
L'après-midi, Davout attaque le flanc gauche russe et le fait plier, jusqu'à ce que l'arrivée des Prussiens de Lestocq le bloque. Ney, arrivé trop tard dans la soirée, ne peut changer l'issue. Dans la nuit, Bennigsen se retire en bon ordre.
Bilan et conséquences
Les pertes sont énormes des deux côtés : au moins 20 000 hommes pour les Russes, 10 000 à 15 000 pour les Français selon les estimations, et plusieurs généraux tués. La campagne s'arrête pour l'hiver ; la décision ne viendra qu'en juin, à Friedland.
Le scénario
Le champ de bataille est relevé sur le plan du Dépôt de la guerre, « Champ de bataille de Preussisch-Eylau, position du matin » (1807) : une carte de 56 hexagones sur 49, un hexagone pour 150 mètres de terrain — un régiment par hexagone —, la feuille entière, de Strobehnen et Althof à Lampasch et Mollwitten — ses villages, ses bois, ses chemins, ses lacs et marais gelés sous la neige, son relief lu dans les hachures. Cent huit unités françaises contre cent quatre russes et prussiennes, régiments et batteries : Soult tient Eylau et les hauteurs au nord, la Garde bivouaque au Ziegelhof, Augereau et la cavalerie de Murat attendent au sud du bourg ; Bennigsen est en trois lignes sur le plateau derrière ses grandes batteries. Davout monte de Mollwitten dès le treizième tour (vers 10 h), les Prussiens de Lestocq débouchent au nord de Kutschitten au quarante-neuvième (vers 16 h) et Ney descend d'Althof au soixante-septième (vers 19 h). Quatre-vingt-quatre tours, de la canonnade de 8 h à la fin des combats à 22 h (dix minutes par tour) ; la victoire se mesure en points : mineure à partir de 12, majeure à partir de 25, décisive à partir de 40.
Texte inspiré de l'article Bataille d'Eylau de Wikipédia.