Guerres napoléoniennes
Rivoli
- Date
- 14 janvier 1797
- Lieu
- Rivoli, Vénétie
- Belligérants
- République française vs Empire d'Autriche
Le 14 janvier 1797 (24 nivôse an V), sur le plateau de Rivoli, Bonaparte bat l'armée autrichienne d'Alvinczy, descendue en six colonnes de l'Adige pour débloquer Mantoue ; battues l'une après l'autre, les colonnes sont rejetées dans la montagne et la place capitule trois semaines plus tard.

Contexte
Depuis l'été 1796, l'armée d'Italie assiège Mantoue, dernière place autrichienne de la Lombardie, et repousse les armées de secours l'une après l'autre : Castiglione, Bassano, Arcole. En janvier 1797, Alvinczy tente une quatrième fois. Pendant que Provera descend la Brenta vers Mantoue, il vient lui-même par la vallée de l'Adige, avec 28 000 hommes, sur le plateau de Rivoli, verrou de la route de Vérone, que Joubert tient avec 10 000 hommes. Prévenu le 13 au soir, Bonaparte fait marcher Masséna et Rey toute la nuit et arrive à Rivoli à deux heures du matin.
Les forces en présence
- République française : environ 23 000 hommes en fin de journée — la division Joubert sur le plateau, la division Masséna arrivée dans la nuit, la division Rey venue de Castelnuovo dans l'après-midi, puis les brigades de Victor et de Lannes ; une vingtaine de canons.
- Empire d'Autriche : environ 28 000 hommes sous Alvinczy, en six colonnes — Lusignan tournant le plateau par l'ouest, Lipthay, Köblös et Ocskay attaquant de front par Caprino et Gamberon, Quasdanovich remontant la gorge de l'Adige, Vukassovich sur la rive gauche avec l'artillerie.
Le champ de bataille
Le plateau de Rivoli domine la rive droite de l'Adige, qui coule au fond d'une gorge profonde entre le Monte Magnone et les hauteurs de San Marco. Au nord, la crête de Trombalora et le vallon de Zovo le séparent du bassin de Caprino ; à l'est, la route de la gorge débouche à l'Osteria d'Incanale sous San Marco ; au sud, le Monte Pipolo et la route d'Affi le ferment sur les arrières de Rivoli. Un terrain de hauteurs et de ravins, où les colonnes autrichiennes ne peuvent se soutenir.
Déroulement
L'attaque de Joubert
Dès le point du jour, sur l'ordre de Bonaparte, Joubert attaque les colonnes de Lipthay, de Köblös et d'Ocskay sur les pentes de Trombalora, de Zovo et de San Marco. L'infanterie autrichienne, plus nombreuse, résiste, contre-attaque et repousse peu à peu les Français sur le plateau ; Masséna engage ses demi-brigades pour rétablir la ligne, tandis que l'artillerie de Vukassovich canonne le plateau depuis la rive gauche.
La crise de la gorge
Vers dix heures, la colonne de Quasdanovich débouche de la gorge à l'Osteria et s'engage sur la pente de San Marco, au moment où Lusignan paraît sur le Monte Pipolo, derrière Rivoli : le plateau est cerné. Bonaparte lance sur la tête de la colonne de Quasdanovich l'infanterie de Joubert, les canons de Masséna et la cavalerie de Leclerc et de Lasalle ; un caisson explose au milieu de la colonne, qui se rompt et dévale la gorge en désordre. Les colonnes du nord, prises de flanc, refluent à leur tour sur Caprino.
Lusignan pris au piège
Vers midi, la division Rey débouche par la route d'Affi sur les arrières de Lusignan, que Masséna attaque de front avec la 18e et la 75e : la colonne, coincée entre les deux, est détruite, et Lusignan ne s'échappe qu'avec quelques centaines d'hommes. Le lendemain, Joubert et Murat achèvent la poursuite jusqu'à la Corona, pendant que Bonaparte court sur Provera, qu'il enferme à la Favorite sous les murs de Mantoue.
Bilan et conséquences
Les Autrichiens perdent en deux jours près de 14 000 hommes, dont 11 000 prisonniers, et une grande partie de leurs canons ; les Français environ 3 500. Provera capitule le 16, Mantoue le 2 février. La route de Vienne est ouverte : l'armée d'Italie franchit le Tagliamento en mars, et les préliminaires de Leoben, en avril, mettent fin à la guerre de la première coalition sur le continent.
Le scénario
Le champ de bataille est relevé sur la carte en relief de la bataille, vérifiée sur la carte dressée par napoleon-empire.org : une carte de 56 hexagones sur 78, un hexagone pour 100 mètres de terrain — une demi-brigade par hexagone —, de la crête de Trombalora et de Ceredello à Dolce et à la rive gauche, de San Giovanni et de Gamberon au Monte Pipolo — ses villages et ses fermes, ses routes et ses chemins, l'Adige dans sa gorge et le pont de Dolce, les bois du Monte Magnone, du Monte Pipolo, de Fiffaro et de Trombalora, son relief en six niveaux, de la gorge de l'Adige aux hauteurs de San Marco. Trente-cinq unités françaises contre quarante-sept autrichiennes, l'ordre de bataille des demi-brigades et des régiments : au point du jour, Joubert tient la crête de Trombalora et de Zovo et les hauteurs de San Marco et de Lubiara, Masséna est en réserve à Rivoli avec la cavalerie de Leclerc et de Lasalle ; Lipthay descend de Caprino, Köblös de San Giovanni, Ocskay de Gamberon ; Quasdanovich remonte la route de l'Adige sous San Marco à partir du dix-neuvième tour, Lusignan débouche sur le Monte Pipolo au vingt-huitième, Rey arrive par la route d'Affi sur ses arrières au quarantième et la réserve — les brigades de Victor et de Lannes — au cinquante-cinquième. Soixante tours de dix minutes, de six heures à seize heures ; la victoire se mesure en points : mineure à partir de 12, majeure à partir de 25, décisive à partir de 40.
Texte inspiré de l'article Bataille de Rivoli de Wikipédia.