Guerres napoléoniennes
Bautzen — 20 mai
- Date
- 20 mai 1813
- Lieu
- Bautzen, Saxe
- Belligérants
- Empire français vs Russie et Prusse
Le 20 mai 1813, trois semaines après Lützen, Napoléon rattrape l'armée russo-prussienne de Wittgenstein retranchée derrière la Spree à Bautzen et force le passage de la rivière, pendant que Ney descend du nord pour tourner la position alliée le lendemain.

Contexte
Après Lützen, les Alliés se sont repliés derrière l'Elbe puis derrière la Spree, où ils reçoivent les renforts de Barclay de Tolly venus de Thorn. Ils choisissent de se battre à Bautzen, dans une position préparée en deux lignes : la Spree et la ville en avant, les hauteurs de Burk et de Kreckwitz et les villages de la plaine en arrière, l'aile droite appuyée aux étangs de Malschwitz, la gauche aux collines de Hochkirch. Napoléon, avec cent quinze mille hommes, les suit depuis Dresde ; Ney, avec les IIIe, Ve et VIIe corps — près de soixante mille hommes — descend de Hoyerswerda sur Klix, au nord, pour prendre la position à revers.
Les forces en présence
- Empire français et alliés : environ 115 000 hommes devant Bautzen — le XIIe corps d'Oudinot, le XIe de Macdonald, le VIe de Marmont, le IVe de Bertrand, la Garde ; Soult commande le centre. Le IIIe corps de Ney et le Ve de Lauriston arrivent à Klix dans la soirée.
- Russes et Prussiens : environ 96 000 hommes sous Wittgenstein — Miloradovitch à gauche, Kleist et l'avant-garde au centre, Blücher et Yorck sur les hauteurs de Kreckwitz, Barclay à droite vers Malschwitz, les grenadiers et la Garde russe en réserve.
Le champ de bataille
La Spree coule du sud au nord, sous les murs de Bautzen, puis se détourne au nord-est par Niedergurig et Malschwitz vers Klix, entre des prairies et des étangs. À l'est de la rivière, une plaine ondulée monte vers les hauteurs de Burk et de Kreckwitz, qui dominent la première ligne, puis s'ouvre sur la plaine de Purschwitz, Klein-Bautzen et Preititz, que l'Albrechtsbach traverse du sud au nord jusqu'à l'eau de Löbau. Au nord, le Windmühlenberg et Gleina ferment l'aile droite alliée ; au sud, les collines boisées de Jenkwitz, Rieschen et Hochkirch, sur lesquelles passe la route de Weissenberg, seule ligne de retraite des Alliés.
Déroulement
Vers midi, après une canonnade, Oudinot attaque la gauche alliée vers Mehltheuer et Macdonald force le passage de la Spree au sud de Bautzen ; la ville est évacuée vers quinze heures. Au centre, Marmont et Bertrand jettent des ponts à Niedergurig et enlèvent Burk et Basankwitz ; Kleist et Miloradovitch se replient sur la seconde ligne. À la nuit, les Français tiennent toute la rive gauche et la première position, et Ney, arrivé à Klix, est en mesure de se rabattre le lendemain sur Preititz et Hochkirch. Wittgenstein, persuadé que l'attaque principale viendra sur sa gauche, y masse ses réserves.
Bilan et conséquences
La première journée coûte quelques milliers d'hommes de chaque côté. Elle ne décide rien, mais elle place l'armée française sur la Spree et Ney sur le flanc allié : la journée du 21 se joue sur les hauteurs de Kreckwitz et de Preititz.
Le scénario
Le champ de bataille est relevé sur la planche 80 de l'atlas de A. K. Johnston (Blackwood, Édimbourg, 1848), « Battle of Bautzen, 20 & 21 May 1813 », calée sur les villages de la carte actuelle, que l'éditeur pose sous le plateau : une carte de 55 hexagones sur 66, un hexagone pour 250 mètres de terrain — un régiment de deux mille hommes par hexagone —, de la Spree à Baruth et l'eau de Löbau, de Klix aux collines de Hochkirch et de Mehltheuer : la Spree et ses ponts, l'Albrechtsbach, Bautzen, Burk et les hauteurs de Kreckwitz, Kreckwitz, Purschwitz, Preititz et Gleina, les étangs de Malschwitz, les bois de la Spree et de Rackel, les routes de Weissenberg, Baruth, Klix et Hochkirch. Cinquante-deux unités françaises contre soixante-cinq alliées — l'ordre de bataille de la feuille OOB, où la Jeune Garde, les Wurtembergeois et les Bavarois donnés en bloc sont partagés en corps de force égale ; les corps de Ney et de Lauriston, qui n'atteignent Klix que dans la soirée, n'y figurent pas : à midi, Oudinot, Macdonald, la Garde, Marmont et Bertrand sont sur la rive gauche ; Miloradovitch tient Bautzen et les hauteurs de Jenkwitz, Kleist Burk et Niederkaina, Blücher les hauteurs de Kreckwitz, Barclay Pliesskowitz et Malschwitz, la Garde russe Baschütz. Quarante-huit tours de dix minutes, de midi à vingt heures ; la victoire se mesure en points : mineure à partir de 20, majeure à partir de 40, décisive à partir de 60.
Texte inspiré de l'article Bataille de Bautzen de Wikipédia.