Guerres napoléoniennes
Dresde — 27 août
- Date
- 27 août 1813
- Lieu
- Dresde, Saxe
- Belligérants
- Empire français vs armée de Bohême
Le 27 août 1813, second jour de Dresde, sous une pluie battante, Napoléon attaque les deux ailes de l'armée de Bohême : Murat et Victor détruisent l'aile gauche autrichienne isolée derrière la Weisseritz, Ney repousse les Russes, et Schwarzenberg se retire dans la nuit sur la Bohême. C'est la dernière victoire de Napoléon en Allemagne.

Contexte
Après la sortie de la Garde le 26 au soir, l'armée alliée est revenue sur les hauteurs qui entourent Dresde, et les souverains ont décidé d'y livrer bataille le lendemain. Mais sa gauche, les Autrichiens de Gyulai et de Meszko, est séparée du reste par la gorge de la Weisseritz, que la pluie a rendue infranchissable, et Vandamme, à Pirna, menace sa ligne de retraite. Napoléon a maintenant cent vingt mille hommes : il décide d'attaquer les deux ailes et de laisser le centre.
Les forces en présence
- Empire français : environ 120 000 hommes — Murat et le IIe corps de Victor sur la droite contre l'aile autrichienne, le VIe corps de Marmont au centre devant Plauen et Räcknitz, le XIVe corps de Saint-Cyr vers Strehlen, la Jeune Garde de Ney sur la gauche à Striesen, la Vieille Garde en réserve.
- Armée de Bohême : environ 150 000 hommes sous Schwarzenberg — l'aile gauche autrichienne de Gyulai et Meszko au-delà de la Weisseritz, de Gorbitz à Dölzschen ; le centre autrichien sur les hauteurs de Plauen et de Räcknitz ; les Prussiens de Kleist à Mockritz, Leubnitz et Strehlen ; les Russes de Wittgenstein à Gruna, Seidnitz et Reick ; la cavalerie de réserve à Torna.
Le champ de bataille
Au sud-ouest, les collines de Gorbitz, Wölfnitz, Naußlitz et Dölzschen, entre lesquelles passe la route de Freiberg, sont coupées du reste de la position par la gorge boisée de la Weisseritz, que ne franchissent que les ponts de Plauen et de Löbtau. Au sud, le plateau de Räcknitz et les hauteurs de Mockritz et de Leubnitz ; à l'est, la plaine de Striesen, Gruna et Reick, coupée par le Landgraben, descend vers l'Elbe. La pluie rend les fusils inutilisables : c'est la journée de la cavalerie et de l'artillerie.
Déroulement
L'aile gauche autrichienne
À six heures, Victor passe la Weisseritz à Löbtau et attaque les collines de Wölfnitz et de Naußlitz, pendant que Murat, avec les cuirassiers de Latour-Maubourg et les dragons de Pajol, déborde Gorbitz par le nord. Les carrés autrichiens de Meszko, dont les fusils ne partent plus, sont chargés et enfoncés l'un après l'autre ; vers quatorze heures, Meszko se rend avec quinze mille hommes, et le reste de l'aile fuit sur Freiberg.
La droite alliée et le centre
Sur la gauche française, Ney et la Jeune Garde débouchent de Striesen et de Blasewitz, enlèvent Gruna et Seidnitz et rejettent les Russes de Wittgenstein sur Reick et Prohlis. Au centre, Marmont et Saint-Cyr canonnent les hauteurs de Räcknitz sans les attaquer ; Moreau, aux côtés du tsar, y a les deux jambes emportées par un boulet. Dans l'après-midi, apprenant que Vandamme est sur ses derrières à Pirna, Schwarzenberg ordonne la retraite sur la Bohême, qui commence à la nuit.
Bilan et conséquences
Les Alliés perdent près de quarante mille hommes, dont vingt-cinq mille prisonniers, et les Français dix mille. Mais la poursuite tourne au désastre : Vandamme, seul en avant à Kulm, est écrasé le 30 août et fait prisonnier avec dix mille hommes, et les victoires alliées de la Katzbach, de Grossbeeren et de Dennewitz sur les lieutenants de Napoléon annulent Dresde en deux semaines.
Le scénario
Le champ de bataille est relevé sur la planche 84 de l'atlas de A. K. Johnston (Blackwood, Édimbourg, 1848), « Battle of Dresden, 26th & 27th August 1813 », calée sur les quartiers et villages de la carte actuelle, que l'éditeur pose sous le plateau : la carte de 49 hexagones sur 45, un hexagone pour 250 mètres, du premier jour. Soixante-dix-neuf unités françaises contre soixante-huit alliées — l'ordre de bataille de la feuille OOB, où les corps donnés en bloc sont partagés en corps de force égale et où chaque régiment engagé la veille porte ses pertes ; le Ier corps de Vandamme, en marche sur Pirna, n'y figure pas : à six heures, Murat et Victor sont sur la Weisseritz à Löbtau et Cotta, Marmont devant Plauen et Räcknitz, Saint-Cyr devant le Grosser Garten, Ney à Striesen, la Vieille Garde devant le faubourg de Pirna ; Gyulai et Meszko tiennent les collines de Gorbitz à Dölzschen, Colloredo le plateau de Räcknitz, Kleist Mockritz et Leubnitz, Wittgenstein Gruna et Reick, la cavalerie de réserve Torna. Soixante-six tours de dix minutes, de six heures à dix-sept heures ; la victoire se mesure en points : mineure à partir de 20, majeure à partir de 40, décisive à partir de 60.
Texte inspiré de l'article Bataille de Dresde de Wikipédia.