Guerres napoléoniennes
Leipzig — 16 octobre
- Date
- 16 octobre 1813
- Lieu
- Leipzig, Saxe
- Belligérants
- Empire français vs coalition
Le 16 octobre 1813, premier jour de la bataille des Nations, Napoléon tente de briser l'armée de Bohême de Schwarzenberg devant Wachau avant que les autres armées coalisées ne se referment sur Leipzig, tandis qu'au nord Marmont est écrasé à Möckern par Blücher.

Contexte
Après les victoires de Lützen et de Bautzen au printemps, l'armistice de l'été a donné aux Alliés le temps d'armer l'Autriche et de former trois armées, qui appliquent le plan de Trachenberg : refuser la bataille à Napoléon, battre ses lieutenants. Dresde en août est sa dernière victoire ; Kulm, Katzbach, Grossbeeren et Dennewitz ont détruit les corps détachés. Menacé d'encerclement en Saxe, Napoléon se replie sur Leipzig, carrefour des routes vers la France, où trois armées convergent : l'armée de Bohême de Schwarzenberg par le sud, l'armée de Silésie de Blücher par le nord, l'armée du Nord de Bernadotte et l'armée de Pologne de Bennigsen plus loin.
Les forces en présence
- Empire français et alliés : environ 175 000 hommes le 16 octobre, Français, Polonais, Saxons, Italiens, Badois et Wurtembergeois — au sud les corps de Victor, Lauriston, Poniatowski et Macdonald, la Garde et la cavalerie de Murat ; au nord Marmont et le IIIe corps de Ney ; à Lindenau le corps de Bertrand.
- Coalition : environ 200 000 hommes engagés ce jour-là — l'armée de Bohême (Autrichiens, Russes et Prussiens de Kleist) sous Schwarzenberg au sud, l'armée de Silésie de Blücher (Yorck, Langeron, Sacken) au nord, le corps de Gyulai devant Lindenau.
Le champ de bataille
Leipzig est au confluent de l'Elster, de la Pleisse et de la Parthe, dans une plaine ouverte semée de villages. Au sud, la ligne de Markkleeberg, Wachau et Liebertwolkwitz s'appuie à la Pleisse et à ses prairies inondées, sur des hauteurs légères — le Galgenberg, le Kolmberg — qui dominent Güldengossa et Störmthal. Au nord, Möckern et la vallée de la Parthe couvrent la ville ; à l'ouest, l'unique chaussée de Lindenau franchit les bras marécageux de l'Elster vers la France.
Déroulement
Wachau
Dès huit heures, Schwarzenberg attaque en quatre colonnes de Markkleeberg à Liebertwolkwitz. Kleist prend Markkleeberg, Eugène de Wurtemberg se brise sur Wachau, Gortchakov sur Liebertwolkwitz, Klenau prend puis perd le Kolmberg devant Macdonald. Vers onze heures, les attaques alliées sont partout repoussées et Napoléon prépare la contre-attaque : la grande batterie de Drouot, cent cinquante pièces, s'établit entre Wachau et Liebertwolkwitz.
La charge de Murat
Vers quatorze heures, la Jeune Garde, Macdonald et Lauriston avancent, et Murat lance dix mille cavaliers sur Güldengossa : les cuirassiers de Bordesoulle enfoncent la ligne alliée et arrivent jusqu'aux souverains, avant d'être rejetés par la cavalerie de la Garde russe. Les grenadiers et la Garde russes, la réserve autrichienne de Hessen-Homburg, arrivés dans l'après-midi, rétablissent la ligne ; Merveldt, passant la Pleisse à Dölitz, est fait prisonnier. À la nuit, les positions sont à peine changées.
Möckern
Au nord, Blücher attaque Marmont à Möckern avec le corps de Yorck, dans le village et les jardins ; le VIe corps, privé du IIIe corps que Ney envoie et renvoie au sud, y perd le tiers de son effectif et est rejeté sur Gohlis. Langeron prend Wiederitzsch. À Lindenau, Gyulai est repoussé par Bertrand, qui tient la chaussée.
Bilan et conséquences
La journée coûte environ 25 000 hommes à chaque camp. Napoléon n'a pas emporté la décision, et pendant la journée du 17, presque sans combat, l'armée du Nord de Bernadotte et l'armée de Pologne de Bennigsen arrivent sur le champ de bataille : le 18, il aura contre lui trois cent mille hommes.
Le scénario
Le champ de bataille est relevé sur la carte de Zbynio Olszewski, « Battle of Leipzig 1813, Day One, Deployment of Troops » (napoleonistyka), vérifiée sur la feuille 2 de l'atlas de A. K. Johnston (Blackwood, Édimbourg, 1848) autour de la ville, que l'éditeur pose sous le plateau : une carte de 63 hexagones sur 90, un hexagone pour 300 mètres de terrain — un régiment ou une division par hexagone —, de Lützschena et Schönau à Borsdorf et Fuchshain, de Breitenfeld à Gross-Deuben et Rödgen — la ville et ses soixante-dix villages, l'Elster, la Pleisse et la Parthe et leurs ponts, les bois de l'Elster, de Wahren et de l'Université, les hauteurs de Wachau et de Liebertwolkwitz. Cent quarante-neuf unités françaises et alliées contre cent quarante-trois coalisées — l'ordre de bataille de la feuille OOB, où les corps donnés en bloc sont partagés en divisions : à huit heures, Poniatowski est sur la Pleisse, Victor à Wachau, Lauriston à Liebertwolkwitz, Macdonald en marche de Holzhausen sur le Kolmberg, la Garde et Murat en réserve à Probstheida ; Kleist et les Russes de Wittgenstein montent de Cröbern, Güldengossa et Störmthal, Klenau de Gross-Pössna, Merveldt sur la rive gauche ; au nord Marmont tient Möckern et le IIIe corps Eutritzsch devant Yorck et Langeron, Sacken arrive de Halle au vingtième tour ; à Lindenau, Bertrand fait face à Gyulai ; les grenadiers et la Garde russes débouchent au trentième tour, Hessen-Homburg au trente-deuxième. Soixante tours de dix minutes, de huit heures à dix-huit heures ; la victoire se mesure en points : mineure à partir de 25, majeure à partir de 50, décisive à partir de 80.
Texte inspiré de l'article Bataille de Leipzig de Wikipédia.